
Rénover ou transformer en profondeur les centralités commerciales des quartiers et des centres-bourgs, pour leur redonner attractivité et vitalité, exige des compétences et une ingénierie spécifique. Rencontre avec Anne Lebrun, cheffe de projets en charge de Maurepas-Gayeulles et Thomas Saglio, directeur opérationnel.

Anne LEBRUN
Cheffe de projets

Thomas SAGLIO
Directeur opérationnel
Qu’est-ce qu’une centralité commerçante aujourd’hui ?
Une centralité doit d’abord être pensée comme un lieu de vie, qui s’anime à différents moments de la journée et de la semaine, et qui conjugue donc habitats, commerces, activités… C’est un endroit facilement identifiable et accessible, avec un pouvoir d’attractivité.
Quels en sont les principaux enjeux ?
Que ce soit à l’échelle d’un quartier ou d’un bourg, on doit d’abord répondre aux besoins des habitants. L’idée est de conserver, pérenniser et renforcer ce qui fonctionne. On ne repart jamais de zéro !
Comment réaménager ces espaces ?
Que ce soit en coeur de quartier ou en centre-bourg, nos moyens d’actions sont variés. Missions et contrats dédiés, comme le contrat de revitalisation artisanale et commerciale, professionnalisation des équipes, investissements ou co-investissements via la SAS Territoires & Perspectives...
Différents dispositifs nous permettent, selon les enjeux, d’intervenir sur le développement des commerces, des services aux habitants et des locaux d’activités.
Au Blosne comme à Maurepas-Gayeulles, les opérations d’aménagement intègrent d’importants leviers d’actions contribuant à développer leur attractivité économique et l’emploi local par la diversification de l’offre de commerces, le soutien à l’artisanat et le développement des services à la population. Pour ces quartiers prioritaires de la ville (QPV), Territoires accompagne la collectivité à travers un dispositif stratégique, opérationnel et méthodologique volontariste, qui a su évoluer et s’adapter au fil des expériences.
Nous pouvons également gérer l’installation d’associations ou acteurs locaux, en amont ou pendant les phases de transformation, pour préfigurer de nouvelles activités.
« Dans notre fonction d’aménageur-prescripteur, on se doit de retranscrire les attentes des habitants en termes de commerces et de services en veillant aux réalités financières et aux modèles économiques. »
Thomas SAGLIO
Comment s’organise concrètement ces opérations d’aménagement ?
On retrouve des phasages de projet souvent similaires. On avance pas à pas, en commençant par aménager un lieu puis un autre. On réhabilite d’abord, on démolit ensuite, seulement lorsque c'est nécessaire. C’est un savant jeu de chaises musicales !
À L'Hermitage par exemple, nous sommes venus restructurer la place du centre-bourg, pour lui redonner une identité plus conviviale avec commerces, services et équipements.
Comment se met en place l’offre de commerces et de services ?
Tout d’abord, nous travaillons en étroite collaboration avec les services référents des collectivités sur les aspects stratégiques et programmatiques. Ensuite, nous impliquons les commerçants le plus en amont possible, comme ça a été le cas à Maurepas – Gayeulles par exemple. Nous les avons accompagnés techniquement. On a toujours un regard attentif sur l’existant, les manques des communes ou des quartiers.
Nous veillons également à la diversité, à la complémentarité des offres. Aux Gayeulles, nous sommes intervenus en co-investissement avec la SODES, l’opérateur commercial unique, pour rechercher et installer de nouveaux commerçants.
Quelle est la valeur ajoutée de Territoires ?
Ce qui nous démarque c’est notre vision d’ensemble des projets, cela permet une grande agilité. Notre approche transversale permet de mettre à profit nos connaissances des études et du terrain pour répondre au plus près des besoins des collectivités.