14 septembre 2026 La locomotive, un chantier-école en réseau
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Impulsé par Territoires, avec le soutien de la Région Bretagne, la LocoMOTIVE, est un chantier-école piloté par l’association Les Compagnons Bâtisseurs Bretagne, au Grand Huit, dans les halles de l’ancien Technicentre SNCF.

Lancée en février 2025, le chantier-école accueille des personnes éloignées de l’emploi. Au coeur de cet univers forain, LocoMOTIVE, est un monde en soi où ces personnes peuvent se remettre en marche par le FAIRE et par le DIRE. Projet en réseau, il regroupe une multitude de partenaires et de nombreux acteurs et actrices du territoire*. Cette initiative prend place au sein du quartier EuroRennes, un secteur stratégique en renouvellement urbain voué à étendre le centre-ville de Rennes au sud.

Faire avec et faire ensemble

Tout au long de l’année 2025, six groupes d’une douzaine de personnes ont été successivement accueillis au Grand Huit. Durant 3 semaines, les participant·e·s ont pu concevoir et fabriquer des réalisations concrètes pour l’aménagement du Grand Huit : gradin démontable pour des spectacles itinérants, pupitres, bacs plantés, éléments de signalétique…

 

En dehors des temps d’atelier, les stagiaires ont pris part à d’autres activités, comme la photographie, l’écriture, le jardinage, le sport, ou encore la préparation des repas quotidiens pour le groupe.
« Nos stagiaires sont éloignés de l’emploi, l’école-chantier est une manière de les remettre sur les rails et de leur redonner confiance », explique Jean-Baptiste Le Clec'h, à la coordination du chantier école.


Le chantier-école de la LocoMOTIVE a été créé avec l’aide de partenaires sociaux tels que France Travail, We Ker et la mission locale. Cofinancées par la Région, 8 sessions de trois semaines ont été programmées.

À Choeur, une exposition en mots et en images

 

Les stagiaires de La LocoMOTIVE ont également contribué à un travail d’atelier d’écriture et de photographie comme moyen d’expression de soi et de création collective. La photographe Anne-Cécile Estève et la journaliste Anne-Elisabeth Bertucci ont pris le parti d’explorer des formes participatives et transmissibles à toutes et tous.

 

Ce travail est présenté comme un récit à plusieurs voix et restitué au Grand Huit dans l’exposition À Choeur, scénographiée par Anna Michalak, et dont nous vous présentons quelques extraits dans les pages suivantes.

* Région Bretagne, Territoires Rennes, Les Compagnons Bâtisseurs, le Grand Huit, Makeme (agence spécialisée dans le mouvement des Makers), Breizh Insertion Sport (BIS), le Centre Hospitalier Guillaume Régnier, Le Jardin des Mille Pas (jardin d’apprentissage, de transmission et de production en agroécologie), Lieux Architectes, Les Petits Débrouillards (mouvement associatif d'éducation populaire à la culture scientifique et technique), Centres Communal d’Action Sociale de Rennes, We Ker, France Travail, l’Hôtel Pasteur (espace d’expérimentation pour les projets) et encore d’autres structures ressources…

Willy
Le fond et la forme

Willy porte sa casquette rebelle vissée sur le côté. Comme une signature. Une voix, un regard doux : rien n’échappe à cet observateur réservé, attentif aux mots et aux gens. La mise en retrait est assumée. Comme une marque de pudeur.

« J’ai du mal à accepter que les gens ne puissent pas m’aimer. »
Sentiment tellement partagé Willy, mais si peu avoué.
« J’ai toujours considéré que je n’étais pas manuel. A La Loco, la menuiserie avec Florian ça marche. La flèche signalétique pour le Grand Huit est réussie. Je suis super content. En amont, il est important de comprendre les objectifs de la formation. Tu viens mode découverte. La curiosité est en éveil pour apprendre des choses nouvelles. Pour que ça marche, il faut que les gens sachent s’écouter, comprenne le sens du travail d’équipe. Les interactions sont fondamentales. »
L’ humour de Lénaic. Clovis et ses frites. Speaking english with Omar... Le groupe porte la Loco. La Loco porte le groupe. Après la Loco, il y a eu une suite.

Comme pour la plupart des participants.

Catherine Beaude des Compagnons Bâtisseurs a assuré le suivi de la formation. Florence du Fourneau est présente aussi. Le dossier pour un hébergement en CHRS * est lancé depuis septembre 2022. Dans l’attente. La vie est rude sans logement à soi. Aucun mot pour le dire.

« Tout n’est pas réglé, mais j’ai mis en place une feuille de route en étapes. Il y a eu cette formation sur l’entreprise, l’ancrage à l’Atelier solidaire de Maurepas, les travaux de menuiserie avec Florian des Compagnons. J’aimerais approfondir la partie numérique abordée avec Tristan des Petits débrouillards. La photo, la musique, l’écriture m’intéressent aussi. Le boulot ? Faire un tri et choisir une voie. »


Anne-Elisabeth Bertucci

 

* Centre d’hébergement et de réinsertion sociale

 

 

 

 

 

 

Willy

 

 

 

 

 

Photo Willy

 

Texte Willy

 

 

Anatole Trait d'union

Quand il est arrivé au Grand Huit, Anatole était déjà en route. Avec beaucoup de curiosité et une envie de plonger à pieds joints dans le réel.

« Quand tu passes trop de temps devant un écran, tu perds pieds avec la réalité. Toucher du bois, jardiner, ça fait du bien. Tu sors d’une forme de passivité. »

Le projet de la Loco confirme ce ressenti :

« Faire avec ses mains et avec les autres, ça redonne la pêche ! »


À la sortie du Covid, les plateformes numériques Twich, Discord, les jeux en réseau avaient tout envahi dans sa vie. Espace et temps.

« En 2022, Agnès Loury, référente RSA, m’a proposé des ateliers de jardinage, de cuisine, des activités sportives avec Breizh Insertion sport (BIS) au centre social Ty Blosne et avec le collectif Les Cols verts. Je ne pensais pas aimer le sport. Au final, je kiffe ! En 2023-24, j’ai fait du bénévolat avec Bis puis dans un repair café. »

Depuis lors, Anatole s’est investi à 200 % dans le monde associatif rennais. Avec BIS, il est en terrain de connaissances. Au passage, l’équipe animait déjà le chantier Permis de construire mené à L’hôtel Pasteur entre 2019 et 2020... L’histoire continue.
D’autres acteurs viennent l’enrichir.

 

« La Loco, ça a été des rencontres avec les animateurs, les participants et… le Lab de MakeMe au Grand Huit. »

Avec Jean-Baptiste Lechlec et Jean-Marc, les compères du Lab, le courant est passé tout de suite. Le monde des « makers », à la croisée de la technique et du faire, c’était la pièce manquante du puzzle.
« J’avais déjà en tête de développer une activité d’animation technique et culturelle, JB m’aide dans ce projet, notamment grâce à son réseau. »
L’action appelle l’action comme dirait Anatole.
Le trentenaire a bel et bien créer sa micro entreprise dans les mois suivant la Loco. Il collabore avec MakeMe et le réseau des makers.


Anne-Elisabeth Bertucci

 

Texte Anatole

 

 

 

 

Anatole